Ancien maire de Pornic, ancien président de Pornic Agglo Pays de Retz et d’Atlantic’eau, Jean-Michel Brard retrouve un dossier qu’il connaît bien. Le député du Pays de Retz a été nommé co-rapporteur d’une nouvelle mission d’information parlementaire consacrée aux réseaux de collecte, de transport et de distribution de l’eau. Une mission technique en apparence, mais qui touche directement à la vie quotidienne, au développement du littoral et à la sécurité future de son approvisionnement.
À Pornic, la question ne se limite pas à savoir si l’eau sera disponible au robinet. Il faut alimenter une commune dont la population augmente fortement durant la saison estivale, entretenir des centaines de kilomètres de conduites et préserver des ressources exposées aux sécheresses comme aux pollutions. Le secteur de distribution du Val Saint-Martin, qui dessert Pornic, Préfailles, La Plaine-sur-Mer, La Bernerie-en-Retz, Les Moutiers-en-Retz et Saint-Michel-Chef-Chef, représente 590 kilomètres de réseau, 30 554 abonnés et près de 35 900 habitants permanents. Pornic comptait à elle seule 13 100 abonnés en 2024.
Le réseau local s’appuie sur plusieurs ouvrages bien connus du territoire : les réservoirs de La Birochère, de La Rogère ou encore de La Treille, ainsi que sur les ressources des Gâtineaux et de Gros Caillou. Une part importante de l’eau consommée dans le Pays de Retz provient toutefois de l’usine de Basse-Goulaine et doit parcourir une longue chaîne d’ouvrages avant d’arriver sur le littoral. Cette dépendance explique les investissements réalisés pour renforcer les canalisations et créer de nouvelles interconnexions entre le nord et le sud de la Loire.
Les résultats locaux restent satisfaisants. Atlantic’eau indiquait en 2024 un rendement général de 88,7 % et, pour le territoire du Val Saint-Martin, une conformité de 100 % sur les paramètres microbiologiques comme physico-chimiques. Ces bons chiffres ne dispensent pourtant pas d’anticiper le vieillissement des conduites, les pointes de consommation estivales et l’apparition de nouveaux polluants. Sur l’ensemble de son territoire, Atlantic’eau a effectué avec les services de l’Agence régionale de santé plus de 4 600 prélèvements en 2024, portant notamment sur les nitrates, les pesticides, la turbidité et différents paramètres bactériologiques.
Cette nomination prolonge un premier travail parlementaire mené par Jean-Michel Brard avec Gabriel Amard sur l’application de la directive européenne relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine. Leur rapport, déposé en avril 2026, s’intéressait notamment aux conséquences financières et techniques des nouvelles normes pour les communes et les syndicats d’eau.
La nouvelle mission se concentrera davantage sur les tuyaux eux-mêmes : comment connaître précisément leur état, repérer rapidement une fuite, organiser le renouvellement des portions les plus anciennes et financer des travaux dont le coût peut être considérable ? Jean-Michel Brard prévoit d’auditionner les acteurs du secteur avant de présenter des propositions dans les prochains mois.






